Une Saint Jean d'Hiver...


Sur le pas de ma résidence, depuis quelques nuits, un homme manque. La corniche lui permettait de s’allonger à l’abri de la pluie. Pour se protéger du sol, il dormait sur un carton, dans un duvet, la tête posée sur un sac à dos. L’hiver rend visible la misère. L’hiver, c’est la mort qui rode.


Les sols gelés où plus rien ne pousse. L’hiver, c’est également l’image de la destruction, de l’effondrement, de la disparition. La nuit la plus longue, celle que l’on date au 21 décembre sur notre calendrier, est aussi nommée Solstice d’hiver. Une manière d’acmé qui pourrait laisser penser que la longue nuit, les ténèbres, voire le néant, jamais ne finissent. Pourtant, nous saurions recenser en combien d’occasions, par-delà les siècles et les espaces, l’Homme a célébré cette apogée. Puisque l’Homme sait, depuis des temps immémoriaux, qu’après l’obscurité vient la Lumière. Qu’après l’anéantissement, vient la période de la réviviscence. Ainsi dans le Temple, est positionné bien en évidence le Volume de la Loi sacrée, ouvert au Prologue de Jean. Voici ce que nous dit ce texte : •

Il y eut un homme, envoyé de Dieu ; son nom était Jean.  Celui-ci vint en témoignage, pour rendre témoignage à la lumière, afin que tous crussent par lui :  non que celui-ci fût la lumière, mais il avait à rendre témoignage à la lumière.  La lumière, la vraie, celle qui éclaire tout homme, venait dans le monde. Saint-Jean l’Évangéliste est témoin de la Lumière, il délivre aux Hommes ce message d’espoir : « la lumière brille dans les ténèbres, et les ténèbres ne l’ont pas arrêtée ». 

Celui qui décide de descendre au plus profond de l’ombre qui se tapie en lui trouvera toujours la Lumière de son chemin. Aussi long l’hiver soit-il, la conscience sera son guide. La visite introspective des abysses intérieures est un préalable au passage vers la mutation, la régénération puis l’élévation. Le solstice d’hiver marque la porte qui s’ouvre sur un printemps à venir. Vers un Homme nouveau car conscient, un Homme véritable. Le cœur empli d’espoir et conscients de nos responsabilités à l’orée de ce mois de Janus qui s’annonce, nous honorons de santés rituelles les valeurs qui nous sont chères, sous les auspices de la GLDF et sous celles de notre Frère Maître des Banquets. En nous retournant comme janvier nous y invite, nous constatons que finalement peu de temps nous sépare de la dernière fête solsticiale et que, même si cela paraît encore loin aujourd’hui, la prochaine sera là dans un souffle. Certains étaient présents à la précédente, mais ils ne sont plus là aujourd’hui. Et, demain, de nouveaux Frères garniront ces plateaux et colonnes, dans un éternel recommencement. Sur le pas de ma résidence, depuis quelques nuits, un homme manque. Seuls les courts-dormeurs comme moi peuvent témoigner de son absence. 

Sur le pas de ma résidence, depuis quelques nuits, un homme manque. Seuls les courts-dormeurs comme moi peuvent témoigner de sa présence...Sur le pas de ma résidence, depuis quelques nuits, un homme manque...Sur le pas de ma résidence, depuis quelques nuits, un homme manque...Sur le pas de ma résidence, depuis quelques nuits, un homme manque...


Laurent,      

1518,6025




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