L’ÉSOTÉRISME ?
La franc maçonnerie offre de multiples voies vers la Connaissance, l’ésotérisme en fait partie et certains frères savent dans leur recherche, prendre pour leurs travaux spéculatifs, dans le cadre de nos rituels et notre symbolisme, certains chemins initiatiques, dont l’alchimie par exemple, contribue à leur introspection ontologique.
Voilà
tout l’intérêt de l’engagement en Maçonnerie, trouver dans nos loges des
multitudes réflexions qui nous sont contraires, et lors de leurs confrontations
spirituelles, nous aident même si nous en éprouvons à titre personnel des
doutes, à renforcer et étayer notre
propre voie.
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Comprendre l'ésotérisme.
Pour l'historien et
l'ésotérologue (qui, à la différence de l'ésotériste qui met en pratique
l'ésotérisme, voit avant tout l'ésotérisme comme un objet d'étude),
l'ésotérisme est un courant de pensée dont il s'agit de cerner les limites, les
composantes et les évolutions dans le temps. Il s'offre ainsi, en dépit de
frontières imprécises et sujettes à discussion, comme un champ d'étude défini
par certaines caractéristiques. Ce sont ces mêmes caractéristiques qui servent
de critère pour la reconnaissance d'un corpus de texte ésotérique.
Jusqu'à des temps assez
récents, tout ce qui touchait à l'ésotérisme était considéré dans les milieux
académiques au mieux avec suspicion, au pire avec mépris, et était en tout cas
tenu à distance des préoccupations universitaires. les choses ont changé, et
l'ésotérisme commence à bénéficier d'une reconnaissance officielle, au moins en
tant que domaine de recherche universitaire.
Ainsi, en France, a été
créé en 1965, à l'École pratique des hautes études (section des Sciences religieuses,
Sorbonne), une chaire « Histoire de l 'ésotérisme chrétien », devenue par
la suite « Histoire des courants ésotériques dans l'Europe moderne et
contemporaine ». Il existe aussi deux autres chaires portant sur cette même
spécialité: l'une, à l'université d'Amsterdam, depuis 1999; l'autre, à
l'université d'Exeter (Royaume Uni), depuis 2006. Dans ce cadre officiel, les
publications savantes sont de plus en plus nombreuses: on exhume des textes
autrefois volontairement ignorés, tout en s'interrogeant sur leur contenu et
leur place dans le champ de la spiritualité.
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Il faut toutefois
remarquer que ce rattachement de l'étude de l'ésotérisme à celui de l'histoire
des religions traduit bien l'irréductible méfiance des milieux scientifiques
occidentaux envers tout ce qui n'entre pas dans le cadre de la pensée
rationaliste. Car si le mot « ésotérisme Il figure officiellement en filigrane
de la dénomination officielle (<< courants ésotériques et mystiques Il),
il sent toujours le soufre: une odeur qui n'est pas de sainteté, combattue
autrefois par l'Inquisition et maintenant par la science officielle.
Les grands courants de
l'ésotérisme
Au cours de l'histoire,
différentes façons d'appréhender l '« invisible Il sont apparues. Certaines se
sont imposées de façon plus ou moins durable dans les mentalités, créant des
courants de pensée qui, comme les branches d'un arbre attachées à un tronc
commun, se sont souvent ramifiés. les noms des principaux courants (hermétisme,
gnose, théosophie, mysticisme, occultisme...) sont bien connus, mais leur
contenu exact n'est pas toujours clair. Il convient donc de les présenter
rapidement.
L'hermétisme
L'hermétisme
Voilà sans doute le mot
qui est le plus facilement associé à l'ésotérisme, à tel point que le langage
courant s'est approprié l'un et l'autre sous forme d'adjectifs (« hermétique »,
« ésotérique "), pour qualifier ce qui est abscons et qu'on ne peut
comprendre d'emblée, à moins d'être un spécialiste du sujet exposé... et par
extension, sur le plan pratique, ce qui ne laisse rien passer, ce qui reste
fermé.
En réalité, l'hermétisme
désigne la pensée philosophique (au sens grec du terme, c'est-à-dire la
recherche de la sagesse) et religieuse développée par les penseurs
«néoplatoniciens Il de l'école d'Alexandrie et exposée dans un ensemble de
textes grecs attribués à Hermès Trismégiste.
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Hermès
Trismégiste
Hermès est le nom du
dieu grec (devenu Mercure pour les Romains) assimilé au dieu égyptien Thot.
«Trismégiste» signifie «trois fois grand ». Thot autant que Hermès sont
considérés dans certaines traditions comme des personnages légendaires déifiés.
Le Corpus Hermeticum comprend
plusieurs textes, dont le plus connu est le Poimandres. Ces textes
seraient ceux de l'enseignement qu'aurait reçu Hermès, en même temps que la
charge de le faire connaître à l'humanité. On y reconnaît l'influence de
Platon, car la plupart utilisent une forme de dialogue entre le Maître et le ou
les élèves (dont Asclepios), qui rappelle les dialogues de celui-ci. Le texte
le plus célèbre pour son hermétisme (au sens populaire du terme), bien que plus
tardif et certainement apocryphe, est intitulé La Table d'Émeraude et finit ainsi:
C'est pourquoi j'ai été
appelé Hermès Trismégiste, ayant les trois parties de la philosophie
universelle. Ce que j'ai dit de l'opération du soleil est accompli et
parachevé.
(La
Table d'Émeraude, Les
Belles Lettres, 1960)
Tous ces textes et leur
doctrine seront repris par les alchimistes du Moyen Âge puis de la Renaissance,
et c'est par eux que l'hermétisme deviendra une composante majeure de
l'ésotérisme.
La gnose
Ce mot, qui signifie «
connaissance» (du grec gnôsis), est une forme d'approche et
d'explication globale de la réalité dans ses différents « niveaux », tant
matériels que spirituels. Elle fait référence à une forme de révélation obtenue
plus par l'intuition que par le raisonnement, plus par une descente dans les
profondeurs de la psyché que par une analyse objective de la réalité. Elle
applique, de ce point de vue, la célèbre maxime qui figurait, dit-on, sur le
fronton du temple de Delphes: « Connais-toi toi-même, et tu connaîtras
l'Univers et les dieux ».
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Cette connaissance est
érigée en certitude par le gnostique. Cette adhésion, qui est en apparence
analogue à la foi religieuse, est en réalité vécue comme une conséquence
naturelle de cette connaissance et donc fondée sur des intuitions personnelles,
et non comme un acte de soumission volontaire à un « credo ».
Sur ces bases, la gnose,
qui s'est également développée à Alexandrie (on parle alors de « gnose
alexandrine »), a donné naissance à divers courants gnostiques. le
gnosticisme s'est développé en parallèle ou à l'intérieur du christianisme
naissant (et en rivalité avec lui, bien qu'il ait aussi existé une gnose
chrétienne). Une dominante parmi ces mouvements est l'opposition profonde
entre le monde matériel, considéré comme mauvais, et le monde spirituel auquel
l'être humain doit chercher à accéder, en obtenant son « salut » dans
l'au-delà.
La théosophie
Dans son acceptation
courante, ce mot est associé au seul mouvement créé en 1875 par Helena Petrovna
Blavatsky dont la Société théosophique remporta un succès considérable et
reste notoirement connue aujourd'hui.
Mais il serait erroné
d'en rester là, car la théosophie constitue un courant de pensée qui remonte à
l'Antiquité. le terme lui-même, qui vient du grec et qui veut dire « sagesse du
divin » (sagesse signifiant ici « connaissance »), est dû à Ammonios
Saccas, un philosophe grec du 3 ème siècle à Alexandrie (eh oui, là encore !).
Pour la théosophie, il
s'agit essentiellement d'explorer, voire de découvrir,la nature du divin en
s'appuyant d'une part sur l'étude approfondie des textes réputés « sacrés » (par
exemple la Bible pour les théosophes chrétiens ou les kabbalistes juifs) et en
les interprétant au-delà de leur contenu mythique, et d'autre part sur des «
révélations» de type prophétique ou mystique.
le
mysticisme
Encore
un terme qui vient du grec (mustlkos signifie « initié » ),
et qui a la même racine que le mot « mystère » (au sens des « écoles des Mystères» de
l'Antiquité). Les rapports entre le mysticisme et la théosophie sont étroits,
en ce sens que le premier est une manière (ou si J'on veut une technique)
d'atteindre les connaissances recherchées par la seconde. Mais ils diffèrent en
ce que le mysticisme est généralement inclus dans le cadre d'une religion
établie, alors que la théosophie se situe en dehors, ou plutôt en parallèle de
cette dernière, même si les cadres conceptuels sont les mêmes. De ce point de
vue, le mysticisme se situe plutôt à la frontière de l'ésotérisme.
Toutefois, l'expérience
mystique, telle qu'elle est vécue, est de même nature que celle que
l'ésotérisme cherche à atteindre avec les techniques qui mènent à
l'illumination: méditation, expériences de conscience modifiée, etc.
l'occultisme
Lancé au milieu du XIXe
siècle par Eliphas Levi (pseudonyme d'Alphonse Louis Constant), le terme
d'occultisme a eu un succès considérable, à tel point qu'il s'est presque
substitué au mot « ésotérisme »
lui-même, avec lequel il entretient des rapports ambivalents. Occulte
signifie, on le sait, « caché ». Cette signification se rapproche, bien
entendu, fortement de l'idée qui est la caractéristique première de
l'ésotérisme, selon laquelle la connaissance est d'un accès difficile et
réservé à un petit nombre. Le mot forgé par Eliphas Levi est dérivé de
l'adjectif « occulte », déjà utilisé à l'époque de la Renaissance, quand
une grande partie de ce qui constitue le domaine de l'ésotérisme s'appelait «
philosophie occulte ", elle-même voisine de la notion de « sciences
occultes ». En réalité, l'occultisme correspond à un mouvement de profonde
évolution de l'ésotérisme, à partir du XIXe siècle, parallèlement au
développement des sciences « rationnelles Il, Visant comme elles à expliquer le
fonctionnement de l'univers matériel, l'occultisme en appelle, au contraire
des sciences, à une dimension non matérielle de la réalité, Cette vision
concurrente de la science est refusée, dénigrée, qualifiée d'irrationnelle ou
de « charlatanisme » par les scientifiques.
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Les caractéristiques
communes.
Il Y a quelques années,
Antoine Faivre, qui est certainement le meilleur spécialiste français de
l'étude de l'ésotérisme, a essayé de caractériser les lignes de force communes
à ces mouvements. Le résultat constitue une sorte de modèle théorique qui
permet de délimiter le champ de ce qui est considéré comme appartenant à
l'ésotérisme. Ce modèle a été largement accepté et repris par l'ensemble de la
communauté des historiens.
Selon Antoine Faivre, la
pensée ésotérique présente ainsi quatre caractéristiques toujours présentes
(même si elles n'y ont pas toujours la même importance) :
~ l'existence de
correspondances universelles entre les différents niveaux de la réalité;
~ la Nature considérée
comme un Être vivant;
~ la possibilité
d'établir des ponts entre les niveaux de la réalité (médiations) ;
~
l'expérience de la transformation intérieure (transmutation spirituelle).
Les correspondances
universelles.
«
Ce qui est en haut est comme ce qui est en bas et
ce qui est en bas est comme ce qui est en haut ». Cette
célèbre formule de La Table d'Émeraude traduit de façon lapidaire l'idée
de correspondances réelles, et pas seulement symboliques, entre les différents
niveaux de la réalité, ou plus précisément entre le visible et l'invisible,
entre le monde de la matière et le monde de l'esprit.
C'est
sur ce principe que se fondent notamment toutes les mancies, de l'astrologie au
Tao Te King en passant par le tarot, la géomancie, etc. À chaque fois, il
s'agit de déchiffrer dans les symboles et leurs combinaisons particulières la
projection d'une réalité - passée, actuelle ou future qui bien qu'elle ne soit
donc pas soumise aux mêmes lois causales, en est cependant la matrice active.
C'est sur le même principe que se fonde traditionnellement l'action magique.
Plus généralement, c'est
la correspondance entre la création, le « macrocosme », et la structure
physique et surtout spirituelle de l'homme, le « microcosme ", qui est
fondamentale.
Macrocosme et microcosme.
Le terme grec kosmos signifie
originellement « ordre» et par extension le « monde ». Ainsi, le macrocosme (Le
« grand monde ») est l'Univers, considéré comme un organisme vivant, et le
microcosme (Le « petit monde ») est l'Homme, considéré comme le sommet de la
création. Le couple macrocosme-microcosme traduit la croyance qu'il existe
entre l'un et l'autre une correspondance à la fois physique et spirituelle.
Dans cette optique,
l'Homme n'est pas à l'image de Dieu, mais à celle de la Création. C'est le sens
de la célèbre formule de La Table d'Émeraude:
« Ce qui est en haut
est comme ce qui est en bas et ce qui est en bas
est comme ce qui est en haut» (La Table d'Émeraude, Les
Belles Lettres, 1960)
La Nature vivante.
Si le microcosme est en
correspondance avec le macrocosme, il est alors très naturel de considérer que
ce dernier, comme le premier, est porteur de vie. Certes, la frontière entre ce
qui est vivant et ce qui est inerte est imprécise (une imprécision
particulièrement apparente dans la définition médicale de la mort). Mais
puisque l'Homme-microcosme est de toute évidence vivant, alors la
Nature-macrocosme l'est nécessairement aussi.
« Objets Inanimés avez-vous
donc une âme? Il disait le poète Lamartine (et certes dans une
optique peu en rapport avec l'ésotérisme). Dans la conception ésotérique, l'âme
du Monde, l'Esprit divin, quel que soit le nom qu'on lui donne, baigne toutes
choses, y compris celles qui nous semblent inanimées. En conséquence, le Monde
matériel n'est pas figé, inerte, mais il est animé par des forces qu'il est
possible de ressentir, de capter et d'utiliser.
L'hypothèse
Gaïa.
On retrouve la même
idée. sous une forme non ésotérique. au fondement de l'« hypothèse Gaïa» qui
considère que notre Terre se comporte elle aussi comme un organisme vivant, qui
souffre et qui réagit aux agressions que l'humanité lui fait subir.
Si la Nature est
vivante, elle possède les caractéristiques d'un organisme vivant, à commencer
par la capacité de se perpétuer et aussi d'évoluer. C'est donc un organisme
muni d'un passé et d'un avenir, d'une naissance et d'une mort. Quels sont-ils?
Cette éternelle, essentielle interrogation transpose à l'Univers l'angoissante
question que l'Homme se pose pour lui-même depuis qu'il est devenu un être conscient.
l'ésotérisme inclut donc naturellement une
théogonie , une cosmogonie Il et une « anthropogonie ".
Les médiations.
Pour l'ésotérisme, la
réalité n'est pas ce qu'elle semble être telle que nous la percevons avec nos
sens: elle a plusieurs niveaux, le plus « grossier Il étant celui de la
matière. Au-delà (nous avons naturellement tendance à penser « au-dessus »...),
d'autres niveaux non moins réels existent, qui, s'ils ne sont pas accessibles à
nos sens, le sont par l'esprit.
Et ces niveaux (quel que
soit leur nombre) sont « peuplés » : y existent des entités d'essence
différente de l'Homme, mais avec lesquelles il est possible d'entrer en
contact.
La transmutation.
Ce
terme (proposé par Antoine Faivre qui l'emprunte à l'alchimie) traduit la
capacité de l'humain de se transcender, de dépasser sa nature imparfaite pour
tendre vers un état de perfection: ainsi l'alchimiste parle-t-il, au sens
figuré, de la transformation du vil plomb en or pur.
Cette véritable
métamorphose, cette sorte de sublimation dont on retrouve l'idée dans toutes
les grandes traditions, est décrite comme une seconde naissance qui ne peut
être réalisée qu'au prix d'une mort symbolique.
Naturellement se pose
ici la question de ce que peut être la perfection, et par extension de ce
qu'est cet état d'imperfection qui exige la métamorphose. Là-dessus, toutes les
grandes traditions ésotériques (mais aussi les religions) ont une opinion, dont
on trouvera un aperçu au chapitre 5
Para et péri-ésotérismes.
Para signifie « à côté », et péri
signifie « autour ». Depuis quelques décennies se développent de nouveaux
courants de nature spirituelle ou pseudo-spirituelle, qui ne sont pas à
proprement parler « ésotériques », mais qui traduisent les mêmes aspirations,
et participent dans une certaine mesure des mêmes conceptions: existence d'une
réalité parallèle et invisible, possibilité pour l'individu de la percevoir,
de s'y projeter et même d'y agir. Ce sont d'une part ce qu'on appelle les «
nouveaux mouvements religieux Il (NMR), et d'autre part la nébuleuse des «
para-sciences ». Le premier courant se présente comme une excroissance du pôle
« croyance », le second comme une extrapolation du pôle « savoir ». Dans
les deux cas, ces mouvements veulent proposer une alternative aux conceptions
dominantes, qu'elles soient prônées par les religions établies ou par la
tradition scientiste.
Les nouveaux mouvements
religieux.
Les excès de la
conception exclusivement matérialiste qui s'est imposée dans la pensée
contemporaine et l'incapacité des religions établies, souvent engluées dans une
doctrine excessivement centrée sur la morale, à revenir à leur spiritualité
fondatrice ont créé un grand vide dans la sphère « religieuse » , que nous
définirons au chapitre suivant comme celle de la croyance. C'est pour combler
ce vide que sont apparus ces nouveaux mouvements religieux, tels que
Pentecôtistes ou New-Age... auxquels il convient d'adjoindre les innombrables
sectes qui fleurissent un peu partout dans le monde occidental.
Ces mouvements,
extrêmement divers, ne se réclament pas de l'ésotérisme, même si, par certains
aspects, ils peuvent rappeler des courants spirituels qui ont fleuri depuis la
Renaissance.
Les sciences parallèles.
À
l'opposé des nouveaux mouvements religieux, se trouvent des écoles ou des mouvements
qui présentent des caractéristiques de type scientifique (bien qu'ils ne
soient pas reconnus comme tels par les scientifiques « officiels »). la
première manifestation dans ce domaine a été le mesmérisme, apparu au début du
XIXe siècle, suivi quelques dizaines d'années plus tard par le spiritisme, dont
Allan Kardec s'est fait le théoricien et le propagateur.
Mesmérisme et spiritisme.
Ces deux mouvements ont
enthousiasmé les foules, qui se pressaient autour du baquet de Mesmer ou des
tables tournantes spirites.
Franz Anton Mesmer,
médecin allemand, introduisit un peu avant la Révolution française l'idée qu'un
fluide magnétique universellement répandu (le « magnétisme animal ») pouvait
être utilisé à des fins thérapeutiques. À cet effet, il disposait une trentaine
de patients autour d'un baquet couvert dont sortaient des tiges de fer qui
étaient appliquées sur les parties malades. Ce procédé et l'atmosphère quasi
magique dans lequel il était pratiqué agissaient en fait comme un déclencheur
de transes. Le procédé aboutira au développement des techniques d'hypnose de
Charcot dont s'inspirera Freud.
La pratique des tables
tournantes est née aux États-Unis, mais Allan Kardec (pseudonyme de Léon RivaiL)
s'en fera le théoricien en France en introduisant la notion de « spiritisme»
avec le Livre des Esprits (1857). Pour le spiritisme, il est possible
d'établir une communication avec les morts grâce à un médium doté de facultés
qui lui permettent d'entrer en transe, sorte de chaman à l'occidentale. Une
version moderne du spiritisme est le channeling, où les communications sont
établies avec des esprits plutôt qu'avec des morts.
Au XXe siècle, la
recherche « para psychologique » a pris le relais. S'y ajoutent des
domaines comme les médecines dites, elles aussi, « parallèles» :
l'homéopathie (qui agite considérablement la médecine officielle),
l'acupuncture, la naturopathie... la liste serait trop longue à dérouler et
probablement impossible à établir de façon exhaustive. S'y ajoutent aussi des
arts martiaux, conçus non comme des techniques, mais comme des philosophies
ayant pour but le développement spirituel. S'y associent aussi d'autres
pratiques telle Feng Shui qui cherche à établir une corrélation entre les lieux
et leur influence sur le comportement de ceux qui y vivent, pour l'améliorer.
On peut s'interroger là
aussi sur la légitimité d'associer ces « sciences parallèles» à
l'ésotérisme. Contrairement au cas des « nouveaux mouvements religieux »,
cette relation existe, et elle est sans doute plus profonde qu'on ne l'imagine.
Il y a là deux raisons: d'une part, certaines de ces sciences dites parallèles,
telles qu'elles ont été acclimatées »
par l'Occident, ne sont
que la partie émergée d'un corpus traditionnel typiquement ésotérique; d'autre
part, elles témoignent d'une volonté clairement affichée de dépasser le clivage
entre la science officielle, matérialiste, et ce qui fait l'essentiel de l’ésotérisme:
une compréhension élargie de l'Univers.
Étude faites par Jean-Marc Font.
Plus Traditionnel une conférence de Jean BIES.
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