Nous ne sommes pas une Église, mais un Ordre Initiatique et Spirituel, intégrant dans sa pratique l’obligation d’une grande Liberté de pensée et de Tolérance,





 

N’avons-nous pas le postulat d’être adogmatiques, libres de toutes contraintes scolastiques et intellectuelles ?

Mais d’aucuns nous disent que les dogmes comme les symboles, n'auraient pas d'histoire et seraient "là" de toute éternité.

C'est même cet arrière monde mystérieux qui justifie l'idée que "les vérités de foi" seraient plus vraies que la vérité "scientifique". Encore faudrait-il pouvoir démontrer l'existence de cet arrière monde. ; et  si les vérités attendent qu'on les révèlent, celui qui n'est pas du même avis manquera de quelque chose et s'attendra à ce qu'on les lui révèle..

L'émancipation de notre pensée passe nécessairement par le refus de tout dogme. Aucune "vérité" assénée autoritairement ne peut être acceptée car toute idée doit être soumise à la critique et sujette à évoluer avec l'extension des connaissances.

Méfions nous des diktats , même ceux habillement véhiculés pendant nos travaux, qui à figent notre pensée, à paralysent notre réflexion, et à nous rendre dociles et exploitables.

Le dogmatisme s'est toujours opposé à la pensée libre dans tous les domaines (morale, enseignement, art...) et systématiquement dans ce qui touché à la connaissance. La science et la maçonnerie ont particulièrement souffert de leur divorce constant d'avec la pensée religieuse, d'ordre révélée.
 
Nous nous en rendons compte et nous ressentons un inconfort profond vis-à-vis cette question, les dogmes faisant souvent référence , à une adhésion coercitive et imposée venant de l'extérieur à l'endroit d'une croyance, à une affirmation tombée d’on ne sait d’où, et qui n’accepte aucune dialectique..

Notre Ordre s’est développé dans le sillage d'une modernité rationaliste et humaniste qui discrédite, à juste raison, tout recours à la pensée révélée , la Franc-maçonnerie, lutte pour que l'Homme s'affranchisse des dogmes, des préjugés qui inhibent le jugement. Elle dénonce les mensonges qui retardent l'avènement d'une pensée émancipée, elle dénonce tous les obscurantismes.

Par là n’en déplaise à certains la franc maçonnerie comme la science, n'affirme que des vérités relatives qui ne prétendent que s'approcher de la réalité. Elle est intra historique. Le scientifique travaille dans le cadre de représentations théoriques que les faits peuvent faire changer. L'histoire des sciences est ponctuée de "révolutions scientifiques " qui conduisent à une meilleure appréhension de la réalité.

Par exemple la conception copernicienne est plus pertinente que la conception ptoléméenne; la physique d'Einstein l'est plus que la physique de Newton et la théorie évolutionniste, plus que la théorie fixiste... Cela ne signifie pas qu'à chaque grand changement, tout est renié, mais que toutes les données d'observations et d'expériences sont mieux intégrées dans le "paradigme" du moment.
                                                                            
Il nous reste à nous francs maçons à spiritualiser cette évidence, pour y extraire une mythologie associée à nos symboles, qui nous permettra de structurer notre quête spirituelle vers une connaissance de soi, vers une voie intérieure, qui ne devra jamais cesser de s’interroger sur le propre de notre existence.

 
En bref les connaissances scientifiques progressent et nous font progresser spirituellement, alors que le noyau des connaissances dogmatiques est figé pour l'éternité. Ainsi l’Église catholique ne pourra jamais revenir, à moins de se renier, sur le dogme trinitaire de Dieu.

Science, Maçonnerie et dogme: il ne peut y avoir de domaines plus opposés car le dogme est l'affirmation d'une vérité absolue, irrévocable, du moment qu'il a été solennellement proclamé, sous inspiration divine, à partir de la Révélation biblique et de la Tradition. Le dogme est an-historique.

Toutefois, dès que l’intangible certitude saute, par l'essor de nos interrogations spirituelles, l’on se rend compte que nombre de dogmes sont bâtis sur des métaphores dont on a fait des vérités "définitives et intangibles" prenant parfois le risque de faire passer le messager pour le message.

Comment comprendre un Dieu qui ne se révélerait que dans une seule culture et deviendrait le privilège de quelques-uns ?

L’on peut croire que tout ce que dise les Maîtres anciens sur nos colonnes, relève quelque fois de la dogmatique, mais ce n'est pas le cas . En fait, les propos de ces derniers ont comme fonction spécifiques d'établir les balises fondamentales de notre Ordre, en laissant une marge de liberté à l'intérieur de ce cadre de compréhension: par exemple, en ce qui concerne le concept récurant de la Tradition Universelle, qui quant il est décrit, pour le comprendre, il faut en préalable y adhérer au moins le temps de l’écoute, en reconstruire  la mythologie, utiliser la symbolique qui nous concerne, garder l’esprit critique et alors rien n’en restera de dogmatique. Cette méthode est dites du « fil du rasoir »

Pour résumer, les dogmes sont nécessaires pour la vie et la foi d'une Église car sans eux, les dangers de divagations et de dérives par rapport au message  risquent soit d' intravertir le croyant, dans une religion ultra-personnalisée, déconnectée et isolée du reste de la communauté, soit de conduire à certaines tendances hétéroclites, et voire même, sectaires.

Mais nous ne sommes pas une Église, mais un Ordre Initiatique et Spirituel, intégrant dans sa pratique l’obligation d’une grande Liberté de pensée et de Tolérance, il faut jamais l’oublier et fuir comme la peste, les affirmations péremptoires, qui se veulent scolastiques, mais qui sont ressenties par le franc maçon comme non avenues et orgueilleuses.
  
Il faut rompre avec la bienséance, qui veut que soit écarté le sujet qui ne « relèverait pas de la spiritualité maçonnique », le singulier de cette phrase induit une attitude dogmatique, il convient de dire plutôt les Spiritualités de la Maçonnerie.

   AUTEUR/ADRIEN/1518/GLDF       









                               




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